LUCIE ROCHER

Faits et causes

 

30 août au 27 Septembre 2017

 

Commissaire invitée: Julie Alary Lavallée

FAITS ET CAUSES prend ancrage dans les installations photographiques récentes de l’artiste Lucie Rocher en focalisant sur leur processus de fabrication. Ses procédés de saisie du réel et d’exploration, qui rapprochent sa pratique photographique du médium sculptural, s’y trouvent révélés par une sélection d’œuvres et de non-œuvres qui questionnent les modes de visibilité et de présentation de l’image.

 

Certains artistes passent le langage photographique au peigne fin, en dissèquent les propriétés physiques, mécaniques et numériques, pour les explorer et les mettre au jour jusqu’à en supprimer toute représentation au profit d’une pratique conceptuelle plongée dans l’abstraction. Non étrangère à cette tangente formaliste, la pratique de Lucie Rocher revendique davantage un investissement vers la figuration. Elle s’accroche par métonymie au chantier de construction - à ces espaces parsemés d’amoncellements de matériaux, laissés tels quels, comme à celui de l’atelier - tant pour ses attributs formels que pour la précarité et l’apparence rudimentaire qu’il peut évoquer. L’espace photographié, ce réel capté, y devient parcellaire, voire absent, au profit du vide qui, lui, devient le protagoniste. Tributaire d’un processus poreux et perméable aux explorations, sa pratique s’édifie par strates.

 

Son sujet de prédilection, l’architecture, et par extension le paysage construit, est intarissable. Il s’offre dans tous ses états tant dans l’espace public que privé. Entre ses mains, il est continuellement sectionné, redoublé, plié, dissimulé, superposé, photographié et réimprimé. Le sujet s’y trouve investi d’une foulée de manipulations qui le rendent souvent méconnaissable ou magnifié à partir d’autres perspectives et angles d’approche. Déjouant les codes de la photographie, ses œuvres et autres prototypes articulent une réflexion libre autour du cadre et une recherche soutenue sur les modes d’accrochage. Elles sont fixées au mur par du ruban adhésif, enroulées autour d’un clou à l’état brut, laissées sur une table, tant de façons d’y affirmer leur qualité d’objets usuels et résiduels. S’il y a cadre, et cela est plutôt rare, c’est qu’il participe à renforcer les propriétés conceptuelles et formelles de l’œuvre.

 

La nature frêle et passagère du papier journal, support pauvre et jetable présent dans la plupart des installations, contraste avec la solidité et la pérennité des matériaux représentés. Antinomiques, ses œuvres se construisent aussi par jeux d’échelle, de perspectives, de répétitions et de lignes diagonales qui dynamisent l’agencement spatial. Diagonal(e) table miroir (2017) condense l’ensemble de ces directions. La stabilité, une qualité normalement associée à l’objet-table, est détournée ici par la surface inclinée du dispositif, renforçant les effets de superposition et de multiplication des images, eux-mêmes intensifiés par la présence de miroirs. Sépia (2017) rappelle quant à elle les clichés anciens de ton brunâtre associés à une certaine époque du médium. Or, ce dialogue avec l’histoire se poursuit avec l’espace de diffusion au-delà de la technique. Saisit lors du montage de l’exposition, un fragment de la galerie, réfléchi dans la vitre du cadre, occupe l’espace de la représentation. Si cet objet-cadre, anamorphose photographique, renvoie aux formes subtiles de saisissement du monde, il met aussi en évidence les moyens, traqués par l’artiste, pour rendre visibles tous les temps de construction d’une image.     

   

À PROPOS

Après avoir complété des études en arts à l’Université Paris 1 (2011) et à la New York University (2012), Lucie Rocher poursuit sa pratique photographique au doctorat en études et pratiques des arts de l’UQAM. Ponctué de résidences artistiques (SIM Residency, Reykjavik, 2015 ; Centre Sagamie, Alma, 2016), son parcours compte plusieurs expositions individuelles et collectives présentées au Québec (Occurrence, 2016) et à l’international (White Box, Recession Art, New York, 2012 ; SIM, à Reykjavik, 2015). Des expositions individuelles lui seront prochainement consacrées (Maison de la Culture Frontenac, Montréal, 2017 ; VU PHOTO, Québec, 2018). Elle vit et travaille entre Montréal et Paris.

 

Julie Alary Lavallée poursuit actuellement des études doctorales en histoire de l’art à l’Université Concordia. Dans le cadre de ses recherches, elle s’intéresse aux expositions nationales d’art contemporain de l’Inde dans un contexte diasporique. Ses écrits ont été diffusés dans de nombreuses publications et présentés dans le cadre de conférences tant au Canada qu’à l’international. Commissaire indépendante, elle agit depuis 2014 à titre de coordonnatrice des communications et des archives au centre d’artistes OPTICA et s’implique de manière soutenue auprès du Studio XX depuis 2012. 

LUCIE ROCHER

Faits et causes

 

August 30 - 27 September 2017

 

Guest Curator: Julie Alary Lavallée

FAITS ET CAUSES is anchored in the recent photographic installations of artist Lucie Rocher by focusing on their process of making. Her approaches of capture and exploration, which bring her photography-based practice closer to the medium of sculpture, are revealed through a selection of works and non-works that altogether questions ways of seeing and presenting images.

 

Some artists highly scrutinize the photographic language, dissecting its physical, mechanical, and numerical properties at the expense of losing any sense of concrete representation, to achieve a conceptually-based practice geared towards abstraction. While this formal exercise is far from being foreign to the artist, Rocher’s practice remains invested in the language of figuration itself. The works relate by metonymy to construction fields - both visually and figuratively through their precariousness and rudimentary appearance - where materials of all sorts accumulate, linger, and are left as is throughout the space, much like in artist studios. The reality captured as such becomes fragmented, nearly absent, as the void becomes the protagonist. Through her porous exploration process, the artist’s practice builds upon layers.

Rocher’s inclination towards architecture, and by extension the built environment, is inexhaustible. This is revealed through its multiple dimensions in both public and private spaces. Within the hands of the artist, the subject has been continuously sectioned, doubled, folded, hidden, superposed, photographed and re-printed. It finds itself undergoing a handful of manipulations that often makes it semi-recognizable or magnified based on other perspectives and viewpoints. Foiling the codes of photography, her works and other prototypes articulate a fluid reflection around the frame and a sustained research towards the modes of hanging. They are fixed to the wall using tape, rolled up around a nail in its roughest state, or laid out on the table, all of which affirm their status as conventional and residual objects. On rare occasions where a frame is present, the latter serves only to reinforce the conceptual and formal qualities of the work itself. 

 

The frail and routine nature of newspaper - a poor and disposable medium used in many installations – contrasts with the solidity and permanence of the materials represented. Diametrically opposed to one another, the works are also built through an interplay of scale, perspectives, repetitions and diagonal lines that compose their overall spatial arrangement. Diagonal(e) table miroir (2017) embodies all of these directions. Stability, a notion generally associated with table-like objects, is overturned here by the inclined surface of the apparatus, which reinforces the effects of superposition and multiplication of images, themselves heightened by the presence of mirrors. Sépia (2017) on the other hand evokes ancient clichés in the tones of brown that are associated with a particular era of the medium. Meanwhile, such a dialogue with history continues with the space of display, beyond the technique. Captured during the installation of the exhibition, a fragment of the gallery, which is reflected in the glass of the frame, fills the space of representation. If such a frame-object, a photographic anamorphosis, slowly grapples with the subtle and emerging details of reality, it further unveils the means, pursued by the artist, to make visible all the construction times of an image. 

 

ABOUT 

Following her studies in fine arts at University Paris 1 (2011) and New York University (2012), Lucie Rocher pursues her photography practice in the PhD program of UQAM in fine art studies and practices. Having completed several art residencies, such as SIM Residency (Reykjavik 2015) and Centre Sagamie (Alma, 2016), she has had several solo and group exhibitions in Québec and on the international art scene. Her upcoming solo shows include: Maison de la Culture Frontenac (Montréal, 2017) and VU PHOTO, (Québec, 2018). Lucie Rocher works between Montréal and Paris.

 

Julie Alary Lavallée is currently pursuing doctoral studies in the art history program at Concordia University. As an art historian, her research explores contemporary Indian art exhibitions held in a diasporic context. Her research and writings have appeared in numerous publications and conferences across Canada and internationally. As an independent curator, she works as a communications and archives coordinator at the artists’ run centre OPTICA and is actively involved with Studio XX since 2012.

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